11 - 13 décembre 2017, Addis Abeba, Ethiopie – L'UNITAR a organisé un symposium de trois jours sur « la gouvernance pour la mise en œuvre des engagements de développement durable en Afrique » du 11 au 13 décembre 2017 à Addis Abeba en Ethiopie. Ce symposium coorganisé par le DAES de l’ONU, l'UNITAR, le PNUD et l'OIF a donné lieu à un discours liminaire de l'Ambassadeur Kamau, à des séances plénières et des sessions en groupes restreints avec la participation active des ministres et hauts fonctionnaires de plusieurs pays africains. La réunion a appelé à maintenir le niveau d'ambition insufflé dans les agendas, à relever le défi de ses mises en œuvre, à assurer un leadership durable et exemplaire, ainsi que les approches pangouvernementales et à responsabiliser les citoyens et les sociétés dans leur ensemble pour façonner activement la conception des politiques. Cet événement a fourni un espace pratique de partage des connaissances et de mise en valeur dédié aux fonctionnaires chargés de diriger les travaux sur l’Agenda 2030 et l'Agenda 2063 et les partenaires internationaux.

Symposium on Governance for Implementing the Sustainable Development Commitments in AfricaMaintenir une dynamique de développement à travers un leadership inspirant et des connaissances techniques, des outils ainsi que des compétences renforcées est essentiel pour assurer la mise en œuvre de l'Agenda 2030 et de l'Agenda 2063 sur le continent africain. L'Ambassadeur Kamau, l'un des deux co-présidents de l'ancien groupe de travail ouvert sur les ODD, a fourni aux participants du colloque des éléments de réflexion en notant que la réalisation des deux agendas n’était pas hors de portée à condition qu’il y ait un leadership exemplaire pour diriger le processus. La clé du succès réside dans l’attraction des investissements grâce à la bonne combinaison de projets, à la saisie d’opportunités telles que l'économie bleue et les ressources du secteur privé et dans l’exploitation stratégique de la base de ressources existantes avec l'objectif de transition vers des trajectoires économiques plus durables.

Le symposium a également souligné l'importance d'une vision holistique et de processus alignés tout au long du cycle politique pour s'assurer que les agendas soient intégrés aux instruments de planification nationaux et qu'ils soient également mis en œuvre à l’aide des mécanismes de budgétisation et de mobilisation des ressources. De plus, l'importance d'un engagement plus large de la part des parties prenantes à l'intérieur et à l'extérieur du gouvernement dans la planification, la mise en œuvre et le suivi-évaluation a également été identifiée comme un caractéristique clé des nouvelles approches préconisées par les ODD. Il soutient également le principe fondamental : « ne laisser personne de côté ».

Le ministre Zainab Ahmed a parlé de l'importance des mécanismes participatifs et adaptables pour surmonter les goulets d'étranglement bureaucratiques. Il a aussi abordé les défis liés à l'introduction des ODD dans le contexte de divers enjeux liés à la récession, à la structure de l'économie et à certaines vulnérabilités dans certaines parties du pays. Il a également souligné que la mise en œuvre devrait être inclusive et responsable.

De nombreux participants ont mis en évidence les défis face à la mise en œuvre des ODD. A commencer par la ministre éthiopienne Dessie Belay qui a noté qu'une mise en œuvre efficace et responsable de l'Agenda 2063 et de l'Agenda 2030 exigera également une bonne gouvernance et la paix. Il a également été relevé que la question de gouvernance devrait être considérée comme un facteur décisif, car la réalisation des ODD dépendra de la capacité des institutions et des administrations publiques à réagir efficacement. Le renforcement des capacités humaines a été mentionné comme l'un des éléments critiques pour la réalisation des principaux objectifs de développement du continent. Beaucoup ont estimé qu’il ne peut y avoir de solides institutions et de bonne gouvernance sans un ensemble approprié de compétences des fonctionnaires. M. Yambesi, commissaire de la Commission de la fonction publique tanzanienne, a également souligné la nécessité d'aborder le développement des capacités et des carrières, ainsi que les aspects de performance du personnel commençant par le plus bas niveau de prestation de services. Les participants ont envoyé un message fort déclarant que le succès dépend de l'introduction d'un cadre institutionnel solide et d'un paradigme de gouvernance véritablement nouveau.

Enfin, le ministre namibien Kameeta a rappelé à tous, par son discours inspirant, que les gens ne peuvent être perçus comme des « récepteurs » passifs du développement. Le rôle du gouvernement est de permettre aux citoyens de contribuer activement à la conception des politiques qui affectent leurs vies. Grâce à sa propre expérience, il a mis en évidence ce que les gouvernements peuvent faire pour écouter les voix des gens et aider en premier les plus défavorisés, vivant la plupart du temps dans les endroits reculés. De nombreux participants ont souligné l'importance de l'engagement et du développement des capacités au niveau local, car le succès dépendra des actions prises au niveau local.

La réunion a fourni un espace commun pour le partage d'expériences entre fonctionnaires gouvernementaux chargés de la direction des travaux sur l'Agenda 2030 et l'Agenda 2063 dans leurs pays. Elle a également permis aux pays et aux partenaires internationaux d’introduire les outils et les méthodologies de pointe. Plusieurs sessions en petits groupes ont été organisées pour encourager les discussions et un dialogue ouvert sur les défis et les bonnes pratiques. Les partenaires internationaux, notamment l'UNITAR, l'OIF et le PNUD, ont eu l'occasion de présenter certains des outils développés pour soutenir la mise en œuvre du l’Agenda 2030 au niveau national lors des sessions thématiques et de la session plénière à la fin de la réunion. Il s'agit notamment de la méthodologie RBM 2.0, d'une série d'outils d'appui technique développés dans le cadre de l'approche MAPS (ex., Evaluation Rapide Intégrée, Note d'Orientation pour l'élaboration de Plans de Développement Nationaux axés sur les résultats et les Objectifs de Développement Durable, Agenda 2063 et autres), les outils d’apprentissage de l’UNITAR (sur le cycle politique et les approches intégrées et sur les écosystèmes des données), et les outils d’analyse de l’OIF (Grille de priorisation des cibles SDG: Outil d'information et de priorisation participative des cibles d'ODD, et Grille d'analyse du développement durable: Outil d'analyse systémique pour la durabilité.)

Le symposium comportait 7 séances plénières thématiques et de multiples groupes de travail. Vous pouvez trouver les documents du Symposium sur la page Web dédiée . 90 participants venant de 36 pays africains ont pris part à la réunion. Cet évènement a également été l'occasion pour l'UNITAR de présenter et de tester certains des outils et des matériels inclus dans les modules conçus dans le cadre de l’outil sur le « Cycle politique, approches intégrées et ODD » incluant la version générique et la version adaptée aux besoins des pays africains les moins avancés. Les premières versions des outils seront publiées en ligne début 2018. Ce travail a été rendu possible grâce au soutien des Gouvernements Suisse et Suédois et de l'Agence Française du Développement.


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